Choc · Traumatisme

Comment se remettre d'un choc émotionnel : que faire, et à quel rythme

Par Sylvie Puech, hypnothérapeute et praticienne certifiée Deepli · · 7 min de lecture

L'essentiel

Pour se remettre d'un choc émotionnel, il y a deux temps. D'abord, mettre le corps en sécurité : dormir, manger, être entourée, ne pas raconter en boucle. Ensuite, revenir peu à peu, à votre rythme, vers ce que vous évitez depuis.

Chez beaucoup de personnes, les réactions s'apaisent en quelques semaines. Si elles restent aussi fortes après un mois, ou si elles vous empêchent de vivre, parlez-en à votre médecin. Un accompagnement, en hypnose douce ou en méthode Deepli, peut aider en plus, sans avoir à revivre la scène.

Pendant des décennies d'infirmière et de cadre de santé, j'ai vu arriver des personnes juste après : après l'accident, après l'annonce, après la nouvelle qu'on ne peut pas croire. Les mêmes mots revenaient. « Je ne comprends pas pourquoi je tremble encore. » « Je sais que c'est fini, mais mon corps, lui, ne le sait pas. » Ils disent tout de ce qu'est un choc.

Qu'appelle-t-on un choc émotionnel ?

C'est un événement qui dépasse, sur le moment, ce que l'on peut absorber. Un accident, une agression, une annonce médicale, un décès brutal, un accouchement qui s'est mal passé, une trahison, un licenciement du jour au lendemain. Ou quelque chose que votre entourage n'a pas jugé grave, et qui l'a été pour vous. Il n'y a pas de hiérarchie entre les chocs.

Sur le moment, une mémoire plus ancienne que la pensée prend le relais pour vous protéger. Elle enregistre le bruit, la lumière, la posture, et se tient prête à réagir. C'est elle qui vous fait sursauter, éviter une route, vous réveiller en pleine nuit. Elle a fait son travail. Il lui reste à recevoir l'information qu'elle peut cesser.

Si votre choc est lié à un décès, l'article choc émotionnel après un décès : symptômes, et que faire décrit plus précisément ce que l'on vit dans les premières semaines.

Que faire juste après un choc émotionnel ?

Les premiers jours, l'objectif n'est pas de comprendre. Il est de tenir, et de laisser le corps redescendre :

  1. Vous mettre en sécurité, physiquement d'abord : un lieu calme, une personne de confiance, les démarches urgentes confiées à quelqu'un d'autre si c'est possible.
  2. Prendre soin du corps : dormir, même mal ; manger, même peu ; boire de l'eau. Limiter l'alcool et les excitants, qui entretiennent l'état d'alerte.
  3. Ne pas rester seule, surtout le soir. Dire simplement ce dont vous avez besoin : une présence, un repas, un appel.
  4. Ne pas raconter en boucle. Répéter la scène à chaque nouvelle personne peut la raviver au lieu de l'apaiser. Une phrase suffit : « il m'est arrivé quelque chose de difficile, je n'ai pas envie d'en parler maintenant ».
  5. Bouger doucement : marcher, respirer lentement en allongeant l'expiration. Rien de sportif, juste de quoi rappeler au corps qu'il peut se relâcher.

Comment se remettre d'un choc émotionnel dans les semaines qui suivent ?

Une fois la première vague passée, se remettre ressemble moins à un effort qu'à un retour progressif :

  • Retrouver des repères : heures de lever et de repas, une sortie par jour. La routine rassure la part de vous qui guette.
  • Revenir vers ce que vous évitez, par petits pas : la route de l'accident d'abord en passager, le lieu à une heure calme, accompagnée. Jamais en force.
  • Laisser les émotions venir dans le désordre : colère, larmes, rire nerveux, rien du tout. Aucune n'est déplacée.
  • Écrire plutôt que ressasser, si cela vous aide : quelques lignes le soir, pour poser ce qui tourne, puis refermer le carnet.
  • Repousser les grandes décisions qui peuvent attendre.
Ce qui aide souventCe qui entretient souvent le choc
Des journées rythmées, même simplesLes nuits blanches devant les écrans
Une ou deux personnes à qui l'on peut tout dire, ou ne rien direRaconter la scène à chacun, encore et encore
Revenir vers ce qu'on évite, par petits pasÉviter de plus en plus de lieux, de personnes, de sujets
Accepter de ne pas « aller bien » tout de suiteSe reprocher de ne pas être déjà passée à autre chose

Pourquoi certaines réactions persistent-elles malgré tout ?

Parce que comprendre est un travail de la pensée, et que la réaction loge ailleurs. Vous pouvez savoir nommer, dater, analyser ce qui s'est passé, et sursauter quand même. Ce n'est pas absurde, et ce n'est pas « dans la tête ».

L'Inserm souligne que le risque que les réactions s'installent dépend de facteurs qui existaient avant : un choc ancien, l'âge, la santé, ce que l'on traversait déjà. Il dépend aussi de ce qui suit l'événement : le soutien de l'entourage protège, un stress qui dure fragilise (dossier Inserm). Autrement dit, si cela dure chez vous et pas chez une autre personne, ce n'est pas une question de force.

Votre histoire reste la vôtre. Ce qui peut changer, c'est ce qu'elle vous coûte encore.

Quand faut-il consulter un médecin ?

Parlez-en à votre médecin si, plus d'un mois après, les images reviennent aussi fortes, si vous dormez à peine, si vous évitez de plus en plus de choses ou si vous ne parvenez plus à travailler. Il pourra vous orienter, si besoin, vers un psychologue ou un psychiatre formé au psychotraumatisme.

Sans attendre, si des idées noires s'installent : le 3114 répond 24 h/24, gratuitement. Après une agression, le 3919 (Violences Femmes Info) et les associations France Victimes savent vous orienter.

Mon accompagnement vient en complément de votre suivi de santé, jamais à sa place. Si, au premier échange, j'entends que ce que vous vivez relève d'un suivi médical, je vous le dirai.

L'hypnose après un choc émotionnel : est-ce que cela peut aider ?

Oui, quand quelque chose reste figé malgré le temps et les efforts : un sursaut, un évitement, une scène qui revient. L'hypnose que je pratique est douce, guidée par la voix. Vous restez consciente, vous m'entendez, vous gardez la main du début à la fin, et je ne vous ramène jamais de force dans l'événement.

Sur un choc précis, je propose pourtant souvent d'abord une séance de méthode Deepli. Vous restez éveillée, les yeux ouverts ; vous nommez la situation en une phrase, « l'accident », « ce qui s'est passé cet été-là », et nous partons de là, sans détail. Il ne se produit rien de spectaculaire. Certaines personnes sentent un relâchement pendant la séance, d'autres constatent le changement quelques jours plus tard : une route reprise, un sursaut qui ne vient plus.

Je décris ces deux chemins, et ce que je ne fais pas, sur la page choc, traumatisme : dénouer sans revivre la scène. Si votre choc est un deuil, voyez plutôt un deuil qui ne passe pas. Je reçois à Buxy, près de Chalon-sur-Saône, ou en visio partout en France.

Un premier pas, sans avoir à tout raconter.

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Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour se remettre d'un choc émotionnel ?

Il n'existe pas de durée correcte. Chez beaucoup de personnes, les réactions les plus vives s'apaisent dans les semaines qui suivent. Si elles restent aussi fortes après un mois, ou si elles s'aggravent, parlez-en à votre médecin.

Que faire après un choc émotionnel quand on vit seule ?

Prévenir une ou deux personnes, même à distance, et convenir d'un appel chaque soir les premiers jours. Garder des horaires simples, sortir un peu chaque jour. Et si la nuit devient trop lourde, le 3114 répond 24 h/24.

Un choc ancien peut-il encore se dénouer ?

Oui. Des personnes viennent des mois ou des années après, parfois sans souvenir net de l'origine. Nous partons de la réaction telle qu'elle est aujourd'hui ; vous n'avez rien à reconstituer ni à prouver.

L'hypnose après un choc émotionnel oblige-t-elle à revivre la scène ?

Non. L'hypnose douce ne vous ramène jamais de force dans l'événement, et vous gardez la main du début à la fin. En méthode Deepli, une phrase suffit pour nommer la situation, sans détail.

Hypnose ou méthode Deepli, laquelle choisir ?

Cela dépend de vous, pas du choc. Deepli quand un point précis bloque tout le reste ; l'hypnose quand le besoin est plus large, comme retrouver le sommeil ou la confiance. Souvent, c'est l'un puis l'autre. Nous en décidons ensemble au premier échange, qui est offert.

Portrait de Sylvie Puech, hypnothérapeute à Buxy

Sylvie Puech · infirmière diplômée d'État de formation, puéricultrice et cadre de santé, aujourd'hui hypnothérapeute et praticienne certifiée de la méthode Deepli. Elle reçoit à Buxy (71), près de Chalon-sur-Saône, et en visio partout en France.

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