Deuil · Choc émotionnel

Choc émotionnel après un décès : symptômes, et que faire

Par Sylvie Puech, hypnothérapeute et praticienne certifiée Deepli · · 7 min de lecture

L'essentiel

Un choc émotionnel après un décès, surtout si la mort a été brutale, se vit dans le corps autant que dans la tête : sidération, impression d'irréalité, sommeil haché, sursauts, une même image qui revient. Les premières semaines, ces réactions sont normales. Elles disent l'ampleur de ce qui vous est arrivé, pas une faiblesse.

Ce qui aide d'abord : protéger le sommeil et les repas, ne pas rester seule, ne pas vous forcer à raconter. Si rien ne s'apaise au bout de quelques semaines, ou si des idées noires apparaissent, parlez-en à votre médecin.

J'avais trente-trois ans quand j'ai perdu ma maman. Je me souviens surtout de ceci : j'ai continué à faire les choses, une par une, sans rien sentir. On m'a dit que j'étais forte. En réalité, j'étais sidérée. Des années plus tard, devenue infirmière puis cadre de santé, j'ai retrouvé cette même sidération dans des couloirs d'hôpital, chez des familles qui venaient d'apprendre. Et je la retrouve aujourd'hui chez les personnes que j'accompagne, parfois des années après.

Qu'est-ce qu'un choc émotionnel après un décès ?

C'est la réaction de tout l'être à une nouvelle que l'on ne peut pas absorber d'un coup. Une annonce au téléphone, un décès soudain, un accident, une fin de vie qui s'est mal passée, ou une mort attendue depuis des mois et qui sidère quand même.

Le chagrin, c'est la peine à la mesure du lien. Le choc, c'est autre chose : l'effraction. Pendant quelques heures ou quelques jours, une part de vous se met en retrait pour vous protéger. C'est pour cela que tant de personnes disent « je n'ai pas pleuré à l'enterrement » et s'en veulent ensuite. Il n'y a rien à vous reprocher. Le corps a pris le relais.

Quels sont les symptômes d'un choc émotionnel après un décès ?

Ils varient d'une personne à l'autre, et ils ne se présentent presque jamais tous ensemble. Les plus fréquents :

  • Dans le corps : boule dans la gorge ou le ventre, oppression, tremblements, fatigue écrasante, appétit coupé, sommeil haché, réveils à la même heure.
  • Dans les émotions : sidération, rien de ressenti « comme anesthésiée », ou au contraire des vagues qui submergent sans prévenir ; colère, culpabilité, peur pour les proches encore vivants.
  • Dans les pensées : la scène de l'annonce ou des derniers moments qui revient en boucle, des « si j'avais… », l'impression que tout est irréel, du mal à se concentrer.
  • Dans les gestes : éviter une pièce, une route, un hôpital, une chanson ; sursauter au téléphone.

L'Inserm décrit ces mêmes familles de réactions après un événement traumatique, dont « l'annonce d'une mort violente ou inattendue » : la scène qui revient, l'évitement, l'état d'alerte et le sommeil perturbé (dossier Inserm sur le stress post-traumatique).

Ce que vous remarquezLes premières semainesQuand en parler à votre médecin
SommeilHaché, réveils nocturnes, rêves de la personneVous ne dormez presque plus depuis plusieurs semaines
Images de l'annonce ou des derniers momentsElles reviennent souvent, puis s'espacentElles restent aussi vives, ou envahissent vos journées
Vie quotidienneRalentie, tout coûte plus d'effortVous ne parvenez plus à vous lever, à manger, à travailler
Pensées sombresTristesse, sentiment de videEnvie de ne plus être là : appelez le 3114 sans attendre

Pourquoi le choc ne passe-t-il pas toujours avec le temps ?

Pour beaucoup de personnes, ces réactions s'apaisent d'elles-mêmes au fil des semaines. Selon l'Inserm, on ne parle de stress post-traumatique que lorsque les symptômes persistent plus de quatre semaines, et la plupart des personnes s'en remettent dans les trois mois. Le temps fait donc souvent son œuvre.

Parfois, non. Ce qui bloque alors, ce n'est pas le chagrin lui-même. C'est ce qui s'est figé autour de lui : la phrase entendue au téléphone, l'image de la chambre, la culpabilité de ne pas avoir été là, ou d'avoir été là. Une scène gravée qui a pris la place de toute une vie partagée.

Vous pouvez être solide, entourée, lucide, et rester arrêtée là. La volonté n'y peut rien, parce que la réaction loge plus bas que la pensée. Ce n'est jamais un manque de courage.

Le chagrin est juste. Ce qui s'est figé autour de lui, on peut le dénouer.

Que faire dans les premiers jours et les premières semaines ?

Rien de spectaculaire. Des gestes simples, qui tiennent le corps pendant que le reste se dépose :

  1. Protéger le sommeil et les repas, même petits, même sans faim. Le corps encaisse le choc avant la tête.
  2. Ne pas rester seule aux heures difficiles. Dites à une ou deux personnes de confiance de quoi vous avez besoin, concrètement : une présence le soir, un repas, un appel.
  3. Ne pas vous forcer à raconter. Le récit répété à chaque nouvelle personne peut raviver la scène. Vous avez le droit de dire « je ne peux pas en parler maintenant ».
  4. Bouger un peu : marcher dehors, même dix minutes. Le mouvement aide souvent le corps à relâcher un peu de la tension qu'il retient.
  5. Repousser les grandes décisions qui peuvent attendre : déménager, vendre, tout trier.
  6. Accepter que les émotions viennent dans le désordre, et parfois pas du tout. Il n'y a pas d'ordre correct.

Quand faut-il consulter un médecin ?

Parlez-en à votre médecin si, après quelques semaines, rien ne s'apaise : vous ne dormez presque plus, vous ne parvenez plus à manger ou à travailler, les images de l'annonce restent aussi vives. L'Assurance maladie le rappelle : quand l'anxiété « s'installe dans la durée », elle nécessite une consultation (ameli.fr).

Sans attendre, si des idées noires s'installent : le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond 24 h/24, gratuitement. En cas d'urgence, le 15.

Consulter n'empêche rien d'autre. Mon accompagnement vient en complément de votre suivi de santé, jamais à sa place, et je ne vous demanderai jamais d'interrompre ce qui vous a été indiqué.

Que peuvent apporter l'hypnose ou la méthode Deepli après un tel choc ?

Elles ne font pas oublier. Elles n'effacent rien, et le lien reste entier. Ce qu'elles peuvent alléger, c'est ce que le choc vous coûte encore aujourd'hui : la scène qui s'impose à la place du visage, le sursaut au téléphone, la culpabilité qui recouvre la tendresse.

Avec la méthode Deepli, vous restez éveillée, les yeux ouverts. Vous nommez la situation en une phrase, « l'appel de l'hôpital », « ses dernières heures », sans détail et sans revenir dans la scène. C'est souvent ce que je propose en premier quand un point précis bloque tout le reste.

L'hypnose douce vient ensuite, si besoin, pour retrouver le repos et la douceur envers soi. Je décris les deux chemins, et ce qu'ils ne font pas, sur la page un deuil qui ne passe pas. Si le décès a été violent et que c'est surtout la scène qui revient, la page choc et traumatisme vous parlera peut-être davantage.

Il n'y a pas de bon moment. Certaines personnes viennent quelques semaines après, d'autres vingt ans plus tard. Je reçois au cabinet de Buxy, en Saône-et-Loire, ou en visio partout en France, à l'identique.

Vous n'avez pas à traverser cela seule.

Un premier échange de trente minutes, au téléphone ou en visio, offert et sans engagement. Vous n'avez rien à préparer, ni à raconter.

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Questions fréquentes

Combien de temps dure un choc émotionnel après un décès ?

Il n'y a pas de durée fixe. Les réactions les plus vives s'apaisent souvent au fil des premières semaines ; l'Inserm ne parle de stress post-traumatique que lorsque les symptômes persistent plus de quatre semaines. Si rien ne bouge après ce délai, parlez-en à votre médecin.

Est-ce normal de ne rien ressentir, ou de ne pas pleurer ?

Oui. La sidération est une protection : une part de vous se met en retrait le temps d'absorber la nouvelle. Les larmes peuvent venir plus tard, dans un détail, ou ne pas venir du tout. Cela ne dit rien de votre amour pour la personne.

Le choc peut-il revenir des mois après ?

Oui. Une date, un lieu, une odeur, un autre décès peuvent réveiller la même réaction, parfois très longtemps après. Ce n'est pas une rechute : c'est le signe que quelque chose est resté figé, et cela peut se dénouer, quel que soit le temps écoulé.

Faut-il raconter ce qui s'est passé pour aller mieux ?

Pas forcément. Raconter soulage certaines personnes ; pour d'autres, répéter le récit ravive la scène. En méthode Deepli, vous nommez la situation en une phrase et nous partons de là, sans détail. Personne ne devrait vous obliger à revivre ce moment.

Quand se faire accompagner, et par qui ?

Votre médecin d'abord si le sommeil, l'appétit ou la vie quotidienne ne reviennent pas, ou si des idées noires apparaissent. Un accompagnement en hypnose ou en méthode Deepli peut venir en plus, quand un point précis reste bloqué : une scène, une culpabilité, une phrase non dite.

Portrait de Sylvie Puech, hypnothérapeute à Buxy

Sylvie Puech · infirmière diplômée d'État de formation, puéricultrice et cadre de santé, aujourd'hui hypnothérapeute et praticienne certifiée de la méthode Deepli. Elle reçoit à Buxy (71), près de Chalon-sur-Saône, et en visio partout en France.

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